Depuis 1972, la Mercedes Classe S porte un nom de code discret, W116, puis toute une lignée. Chez nous, elle est restée le vaisseau amiral, la voiture que l'on commande sans hésiter pour un trajet du Bourget jusqu'au Faubourg Saint-Honoré. Portrait d'une berline qui a appris à conduire le luxe à la française.
Une lignée née en 1972
La première Classe S officielle apparaît en 1972. Stuttgart lui confie alors une mission simple: être la voiture de référence du monde, celle où s'inventent les freins ABS, les airbags, la sécurité moderne. Quarante ans plus tard, c'est cette même promesse que nous achetons à chaque génération.
Nous avons conduit la W220, puis la W221, la W222 et aujourd'hui la W223. Chacune a marqué une époque. Et chaque fois, le métier de chauffeur a dû réapprendre les gestes: une nouvelle position de siège, une console arrière redessinée, un silence encore plus profond à 130 km/h sur l'A1.
Car une Classe S ne se conduit pas comme une voiture ordinaire. Elle se pilote pour l'arrière, jamais pour l'avant.
L'art du grand tourisme
Le grand tourisme, c'est cette idée ancienne d'avaler les kilomètres sans jamais les sentir. Paris-Deauville par l'A13, deux heures et dix minutes portière à portière. Paris-Reims pour un déjeuner en Champagne, à peine plus. La Classe S est faite pour cela.
Sa suspension pneumatique lit la route avant même que nous l'ayons abordée. Les caméras anticipent les dos d'âne du quai de Bercy, les nids-de-poule de la porte Maillot. Le client, lui, ne sent qu'une chose: rien. Et c'est précisément le travail le mieux fait, celui qui ne se remarque pas.
Une bonne Classe S, le client s'endort dessus. Une excellente, il ne sait plus s'il a dormi.
Plus de 4 millions de Classe S vendues depuis 1972. La berline de luxe la plus diffusée de l'histoire automobile.
Ce que l'arrière sait faire
À l'arrière d'une Classe S, tout est pensé pour l'attente et le travail. Les sièges chauffants, ventilés, inclinables jusqu'à la position repos. Un repose-pieds qui sort du dossier avant. Une tablette pour le portable, une lumière douce le soir quand nous remontons les Champs-Élysées.
Nous gardons toujours l'eau à la bonne température, le chargeur prêt, le climat réglé avant même l'arrivée du client. C'est un détail. Mais le luxe, depuis 1983, n'a jamais été autre chose qu'une accumulation de détails que personne ne réclame et que tout le monde remarque.