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Paris au crépuscule : le Pont Alexandre III, la Seine et l'art du chauffeur privé

Paris Nocturne

Paris au crépuscule : le Pont Alexandre III, la Seine et l'art du chauffeur privé

Il y a une heure, à Paris, où la ville cesse d'être un décor pour devenir une lumière. Le Pont Alexandre III s'allume, la Seine se teinte d'or, et c'est souvent là que commence une soirée que nous conduisons. Voici ce que nos chauffeurs voient depuis le siège avant, quand le jour bascule.

L'heure bleue sur les quais

Il est 21h12. Nous longeons le quai d'Orsay, vitre entrouverte, et le Pont Alexandre III apparaît sur la droite comme une rangée de candélabres dorés posés sur l'eau. Les nymphes de bronze captent les derniers reflets. La Seine, en dessous, roule lentement, noire et lustrée.

C'est un trajet de rien du tout. Du Grand Palais aux Invalides, à peine huit cents mètres. Mais nous le ralentissons toujours un peu. Car nos clients, même ceux qui vivent ici depuis trente ans, lèvent les yeux à ce moment précis. Et un bon chauffeur sait reconnaître l'instant où il vaut mieux se taire.

Le Pont Alexandre III à la tombée du jour
Le Pont Alexandre III à la tombée du jour

Mes plus beaux trajets sont ceux où personne ne parle. La ville fait tout le travail, je ne fais que tenir le volant.

Conduire la nuit parisienne

Paris la nuit ne se conduit pas comme Paris le jour. Les pavés du quai brillent davantage après vingt heures, les feux se lisent autrement, et les touristes traversent sans regarder. Nous le savons. Depuis 1983, nos chauffeurs apprennent ces quais à la manière d'un pianiste apprend un morceau, par le geste plus que par la carte.

La Maybach glisse, silencieuse, et c'est précisément ce silence qui rend la ville plus présente. Le pont défile. Les Invalides s'éclairent au loin. Puis on tourne, et déjà Paris vous tend autre chose.

Le saviez-vous

Inauguré en 1900, le Pont Alexandre III ne dépasse pas 6 mètres de haut, pour ne jamais masquer la vue sur les Invalides et les Champs-Élysées.